29 octobre 2007
UNE VIE AILLEURS extrait 2
Allez, pour le plaisir (le mien surtout !! lol), voici un autre petit extrait de mon roman "Une vie ailleurs"...
Eve, quant à elle, se sentait retenue par une force invisible et ne parvenait pas à détacher son regard de la défunte. Hypersensible et à la larme facile, elle croyait fermement qu'elle craquerait face au drame terrible qui affectait son amie. Mais curieusement, elle ne ressentait aucun chagrin, au contraire. Elle adressa un sourire à Marie qui sembla le lui rendre. Elle demeura ainsi de longues minutes et dans un effort presque surhumain parvint enfin à détacher son regard du cercueil. Elle observa la pièce. De longs et fins cierges blancs adoucissaient un peu l'ambiance obituaire. Sur la droite, posé sur un lutrin de chêne clair, un registre relié de cuir bordeaux recevrait bientôt les condoléances. Apaisée, presque béate, Eve sortit enfin.
Malou avait été rejointe par sa tante et deux de ses cousins, et chacun pleurait à gros sanglots. Eve resta en retrait du petit groupe et attendit patiemment. Son sentiment d'inquiétude avait disparu, laissant place à une incompréhensible légèreté intérieure qui l'effrayait tout autant et la faisait culpabiliser.
Au bout d'une demi-heure, Malou lui fit signe d'approcher.
"On va rentrer avec ma tante. Les obsèques sont prévues demain à 9h30. Est ce que tu peux rester jusque là?"
Eve passa un bras autour des épaules de son amie.
"Aucun problème Malou. Ne t'en fais pas" lui dit-elle dans un murmure.
Malou sourit tristement et ajouta:
"Je suis désolée pour hier. J'ai agis comme si tu étais responsable alors que c'est moi qui
t'ai demandé de venir, pour rien en plus. Pardonne-moi".
Lui rendant son sourire, Eve répondit sincèrement:
"Il n'y a rien à pardonner. Rien du tout. Et je ne suis pas venue pour rien non plus..."
Les deux jeunes femmes décidèrent de marcher un peu dans les rues de la ville avant de rentrer.
Elles remontèrent la Cannebière côté "rive droite" pour la redescendre côté "rive gauche". Elles flânèrent un moment sur le vieux port où d'innombrables voiliers aux mâts démesurés côtoyaient de vieilles barques de pêche à la peinture écaillée et aux filets savamment empilés sur leur pont. Elle n'échangèrent aucune parole durant leur promenade, s'observant seulement parfois du coin de l'oeil et se souriant tristement du bout des lèvres.
Malou n'avait nullement envie de rentrer. Cheminant au hasard, elles se retrouvèrent à surplomber la mer depuis Notre Dame. Il était près de midi. Elles étaient seules. Malou s'assit sur les dalles de pierre à l'abri du vent et entreprit de rouler un joint. Eve s'installa à ses côtés, les yeux fermés, humant l'air marin. Elle les rouvrit quand l'odeur du chanvre remplaça sensiblement celle des algues. Après avoir aspiré quelques bouffées, Malou lui tendit le cône de papier. Sans trop savoir pourquoi, Eve le saisit et aspirât elle aussi quelques taffes. Elle n'aurait pas su expliquer son geste si on le lui avait demandé. Simplement, par cette action, elle se trouvait plus près de son amie en ces instants difficiles. Au bout de quelques minutes, Malou la regarda intensément puis éclata de rire. Stupéfaite, Eve la regarda à son tour.
"Qu'est ce qui te prends?"
"A moi rien, répondit son amie riant toujours, mais toi par contre, tu as l'air fracassée!! Cà fait combien de temps que tu n'avais pas fumé?"
Eve réfléchit.
"Trois ans. Et tu as raison, je me sens dans un état pitoyable!!"
A cette confidence, Malou qui s'était un peu calmée répondit par un nouvel éclat de rire qui, lui tordant le ventre, l'obligeât à s'allonger à même le sol. Eve l'imita. Le fou rire devint alors contagieux, propulsé par des nerfs trop longtemps jugulés. Elles pouffèrent ainsi plusieurs minutes avant de parvenir à se maîtriser. Enfin, le ventre tendu et les joues mouillées de larmes, elles retrouvèrent peu à peu leur calme.
Toujours étendues, elles regardaient passivement le ciel bleu azur et les mouettes qui planaient en criant, quand tout à coup, Malou se remit à glousser.
"Dis, faudrait pas qu'y en est une qui nous chie dessus!!"
Le fou rire commun reprit de plus belle.
Malou avait été rejointe par sa tante et deux de ses cousins, et chacun pleurait à gros sanglots. Eve resta en retrait du petit groupe et attendit patiemment. Son sentiment d'inquiétude avait disparu, laissant place à une incompréhensible légèreté intérieure qui l'effrayait tout autant et la faisait culpabiliser.
Au bout d'une demi-heure, Malou lui fit signe d'approcher.
"On va rentrer avec ma tante. Les obsèques sont prévues demain à 9h30. Est ce que tu peux rester jusque là?"
Eve passa un bras autour des épaules de son amie.
"Aucun problème Malou. Ne t'en fais pas" lui dit-elle dans un murmure.
Malou sourit tristement et ajouta:
"Je suis désolée pour hier. J'ai agis comme si tu étais responsable alors que c'est moi qui
t'ai demandé de venir, pour rien en plus. Pardonne-moi".
Lui rendant son sourire, Eve répondit sincèrement:
"Il n'y a rien à pardonner. Rien du tout. Et je ne suis pas venue pour rien non plus..."
Les deux jeunes femmes décidèrent de marcher un peu dans les rues de la ville avant de rentrer.
Elles remontèrent la Cannebière côté "rive droite" pour la redescendre côté "rive gauche". Elles flânèrent un moment sur le vieux port où d'innombrables voiliers aux mâts démesurés côtoyaient de vieilles barques de pêche à la peinture écaillée et aux filets savamment empilés sur leur pont. Elle n'échangèrent aucune parole durant leur promenade, s'observant seulement parfois du coin de l'oeil et se souriant tristement du bout des lèvres.
Malou n'avait nullement envie de rentrer. Cheminant au hasard, elles se retrouvèrent à surplomber la mer depuis Notre Dame. Il était près de midi. Elles étaient seules. Malou s'assit sur les dalles de pierre à l'abri du vent et entreprit de rouler un joint. Eve s'installa à ses côtés, les yeux fermés, humant l'air marin. Elle les rouvrit quand l'odeur du chanvre remplaça sensiblement celle des algues. Après avoir aspiré quelques bouffées, Malou lui tendit le cône de papier. Sans trop savoir pourquoi, Eve le saisit et aspirât elle aussi quelques taffes. Elle n'aurait pas su expliquer son geste si on le lui avait demandé. Simplement, par cette action, elle se trouvait plus près de son amie en ces instants difficiles. Au bout de quelques minutes, Malou la regarda intensément puis éclata de rire. Stupéfaite, Eve la regarda à son tour.
"Qu'est ce qui te prends?"
"A moi rien, répondit son amie riant toujours, mais toi par contre, tu as l'air fracassée!! Cà fait combien de temps que tu n'avais pas fumé?"
Eve réfléchit.
"Trois ans. Et tu as raison, je me sens dans un état pitoyable!!"
A cette confidence, Malou qui s'était un peu calmée répondit par un nouvel éclat de rire qui, lui tordant le ventre, l'obligeât à s'allonger à même le sol. Eve l'imita. Le fou rire devint alors contagieux, propulsé par des nerfs trop longtemps jugulés. Elles pouffèrent ainsi plusieurs minutes avant de parvenir à se maîtriser. Enfin, le ventre tendu et les joues mouillées de larmes, elles retrouvèrent peu à peu leur calme.
Toujours étendues, elles regardaient passivement le ciel bleu azur et les mouettes qui planaient en criant, quand tout à coup, Malou se remit à glousser.
"Dis, faudrait pas qu'y en est une qui nous chie dessus!!"
Le fou rire commun reprit de plus belle.

22:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, phénomènes, étrange



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