29 février 2008
JYVASKYLA
est une ville d'environ 85 000 habitants située au Nord du lac Päijänne en Finlande. On y trouve fonderies, travail du bois, industrie alimentaire, universités e t musées La ville est située en plein cœur de la région des lacs,
au bord du lac Jyväsjärvi,
prolongement vers le nord du grand lac Päijänne.
La municipalité est de petite taille,
presque complètement entourée par la commune de Jyväskylän maalaiskunta,
avec seulement une petite frontière avec Muurame au sud.
14:25 Publié dans C'EST OU ?? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : géographie, lac, finlande
25 février 2008
LE VENT
Je me souviens aussi des effluves enivrants du muguet qui tapissait la cour de monsieur Renaud, et qui, pour peu que je reste à bader ses clochettes magiques, me donnait mal au crâne. Je n’ai jamais oublié les parfums âcres d’une cour de ferme et ceux, plus puissants, de la roseraie du voisin.
Et lorsqu’à la saison sèche j’avais le droit de tremper mes pieds dans la rivière, j’observais les rides qu’il dessinait à la surface de l’eau, tentant désespérément de le surprendre au détour d’un rocher, d’un buisson, d’un morceau de bois mort, comme on tenterait d’apercevoir un fantôme. En vain.
Souvent je rentrais à la maison tristounette et dépitée.
Mais quelques instants plus tard, de suaves effluves de chocolat fondu sur du pain grillé au feu de bois avaient tôt fait de chasser mon chagrin. Un goûter de reine.
Et puis un jour, Miracle ! Enfin !! Au détour d’un sentier flairant bon la noisette, sous les cris odieux des corbeaux charognards, je le vis subrepticement se glisser entre les branches d’un saule. Limpide. Majestueux, Sidéral. Image furtive mais ô combien délicieuse après tant d’années d’espoirs déçus. Portée par tant de joie, je m'écriais:
« Ça y est grand-mère, je l’ai vu !! ».
Et l’aïeule m’a regardé, et m’a sourit encore une fois.
Je venais d’avoir vingt et un ans.
15:17 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : écriture, lecture, passion
12 février 2008
DEMAIN, IL FERA BEAU !!
Demain, il fera beau…
Charles, neuf ans, contemplait une dernière fois la lune, puis fermait les yeux et s’endormait paisiblement. Demain, il ferait beau, c’était certain. Il l’avait décidé.
Fruit unique d’une mère couturière et d’un père aussi fainéant qu’alcoolique, le petit Charles avait une enfance des plus misérables.
Aussi, chaque fois que son père rentrait ivre mort et battait sa mère, il se réfugiait sur son lit, en haut du grenier, s’allongeait pour contemplait la lune, les étoiles, rêvant d’une vie meilleure, d’horizons plus cléments.
Il se voyait tantôt noble chevalier à l’armure rutilante, juché sur un beau destrier blanc, se battant comme un diable contre des armées entières de sauvages aux peintures de guerre, tantôt magicien célèbre faisant apparaître lapins et colombes sous le regard émerveillés des enfants, ou encore super héros futuriste sauvant une belle inconnue des griffes d’un monstre hideux et puant.
Un soir où l’astre de nuit flamboyait comme un soleil, il avait décidé qu’il était un puissant sorcier et qu’il avait le pouvoir de dominer les éléments.
« Demain, il fera beau » avait-il prononcé tout haut avant de sombrer dans un sommeil de plomb.
Lorsque la douce lumière astrale vint lui caresser le visage, un étrange rictus passa furtivement sus ses lèvres. Tout au long de la journée, il promena le nez en l’air, goûtant l’intime satisfaction d’ordonner au soleil de le réchauffer, encore et encore. Aux moqueries des ses camarades de classe il répondit pas un petit sourire énigmatique, une étincelle de fierté inaccoutumée dans le regard.
Quelques nuits passèrent, identiques aux précédentes, sous les cris étouffés de sa mère et les bruits de vaisselle qui se fracasse au sol. Fébrile, Charles attendait, se bouchant parfois les oreilles avec les mains. Il avait essayé, il avait supplié, imploré, en vain. Ce n’était que lorsque l’astre de nuit se montrait dans son intégralité qu’il pouvait utiliser ses dons de grand sorcier. Aussi s’y résignait-il, emplissant son impatience de mille rêves inassouvis.
« Demain, il fera beau. Demain, le vent soufflera fort. Demain, il y aura la grêle »
Et çà marchait, à tous les coups. Quelle que soit la saison.
Les scientifiques en perdaient leur latin, les écologistes hurlaient au massacre de la planète, les médias n’avaient de cesse de parler du réchauffement climatique. D’autres plus pragmatiques, pensaient que la nature avait encore bien des secrets…
Il en fut ainsi jusqu’à son treizième anniversaire. Cette nuit où il décida qu’il était temps accroître ses désirs à d’autres choses que les caprices du temps, même s’il était amusant de faire abondamment neiger un jour de juillet ou de provoquer une canicule pour Noël.
Allongé sur son lit, il regarda fixement l’astre de nuit voilé par de nombreux nuages.
« Demain, j’aurai la meilleure note en mathématique ! ».
Bon dernier en cette matière, il n’en fut que plus enchanté lorsque l’instituteur lui rendit fièrement sa copie.
Le soir même, curieux et excité comme un chien à qui l’on tend un nouveau jouet, il retenta l’expérience, se concentrant plus qu’à l’accoutumée sur ce qu’il désirait.
« Demain, je gagnerai Michel aux billes »
Mais rien à faire. Il devait attendre, attendre encore !!
Je veux que la Directrice s’étale devant tout le monde à la récréation. Non, je veux que le chien de l’épicier attrape le chat de la voisine. Ou alors je veux …
Malheureusement, si au début cet échappatoire n’était qu’un jeu, il ne l’était plus depuis la mort de son père, quelques mois auparavant. Pire encore, il en devenait une quête de puissance et ses vœux commencèrent à devenir plus cyniques, plus égoïstes, plus dangereux aussi.
C’est à cet instant qu’il m’est apparu différent, presque lubrique.
Chaque pleine lune passée transformait son souhait en réalité.
Je veux que madame Lenoir se casse les deux jambes (c’était notre prof de sport). Je veux que Raoul se fasse bastonner à la sortie du lycée. Je veux voir ce qu’il y a s sous les jupes de Marilyne…
Il fit lui-même parfois les frais de ses sentences, comme ce jour où il a souhaité malheur à monsieur Jean. Il n’avait pas prévu que la grange de l’agriculteur prendrait subitement feu, alors même qu’il s’y trouvait, tentant maladroitement de déclarait sa flamme à son premier amour. Ils ont eu chaud tous les deux, lui surtout car le père de la gamine n’était pas commode. Cette histoire, on en parle encore dans le village.
Et puis, au fil des ans, son ambition n’eut plus de mesure.
Lui qui n’était pas doué pour les études obtînt de hauts diplômes, devint millionnaire aux jeux de hasard, se fit construire une immense maison, roula dans des voitures de luxe en compagnie des plus jolies filles de la région.
Il est devenu hautain, vil et macho.
Sa vie n’était alors que débauches et rencontres d’un soir.
Puis à l’aube de la trentaine, il décida qu’il lui fallait une descendance et pour cela, il devait épouser Hélène, seule fille qui lui avait jusqu’alors résisté.
Hélène était une fille douce et romantique, de dix ans sa cadette, très éprise d’un autre et se moquant bien de sa fortune et de son pouvoir. Pire encore, Charles représentait à ses yeux tout ce qu’elle haïssait.
Et pourtant. Le lendemain de son souhait, Charles demanda sa main et elle accepta, au grand désespoir de son amoureux. Le mariage eut lieu sur le champ et c’est une automate qui prononça, hypnotisée, le oui fatidique devant monsieur le curé. Elle ne s’est vraiment compte de la situation qu’une fois dans le lit conjugal. Pauvrette !!
Roger marqua une pause.
- Et c’est pour ça qu’elle l’a tué, le Charles, je vous dis !!
Flegmatiques, les deux hommes en blanc soupirèrent.
Oui monsieur Armand de la Lune. Depuis dix ans que vous êtes là, la gendarmerie a bien prit votre déposition, vous n’avez plus qu’à signer là et nous pourrons vous remettre votre camisole et vous ramener dans votre chambre.

23:40 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11 février 2008
REGARDER EN COULISSE
Ou encore faire les yeux en coulisse :
Signifie : regarder de coté avec malice ou intention de
plaire.
Tout comme faire les yeux doux !
L'idée est la même que dans REGARD EN COIN,
mais " en coulisse" y ajoute les connotations de couler, insinuation, souplesse...
Un peu comme ça, mais plus en coin !!!
11:25 Publié dans EXPRESSIONS/LOCUTIONS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 février 2008
UN PEU DE PUB POUR UN POTE !!
Il a un blog super, et je vous recommande son bouquin !! Allez, foncez !! Ca vaut le coup !! Parce qu'il le vaut bien... ET PARCE QUE JE VOUS LE DIS !!!!!
http://lesilence.canalblog.com/
"Aria des Brumes", le roman de science-fiction que tout le monde peut lire, même ceux qui n'aiment pas la science-fiction !
12:15 Publié dans COUPS DE COEUR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 février 2008
Glorieuse Ascendance
Je m’appelle Jeanne…
Comme nombre de fille dans ma famille. Je n’ai jamais beaucoup aimé ce prénom, je l’ai même franchement détesté à une époque. Je pensais que c’était celui d’une arrière arrière grande tante ou quelque chose dans le genre, qui devait sans doute avoir fait quelque chose d’exceptionnel pour qu’on lui rendre si grand hommage…Mais cela m’agaçait, je voulais un prénom à moi, rien qu’à moi…
Jusqu’au jour où j’ai fait le rapprochement.
Je ne pensais pas si bien croire d’ailleurs et aujourd’hui, ce prénom, j’en suis drôlement fière.
Car voyez-vous, je suis la digne descendante de Jeanne d’arc. Descendante directe j’entends ! Et de plus, autant que j’ai pu en juger sur les reproductions, je lui ressemble comme deux gouttes d’eau.
Comme elle, j’ai le visage fin et délicat, le menton décidé, le regard vif et pénétrant. Comme elle je porte les cheveux lâchés et toujours des pantalons. Comme elle, c’est moi qui commande, qui donne les ordres. Comme elle j’aime chevaucher à travers les landes, droite sur ma selle, libre et fougueuse…
Mais surtout, comme elle, j’entends des voix !
C’est ma mère qui dit ça tout le temps :
« Ma fille, c’est Jeanne d’arc, elle entends des voix ». Mais comme elle le dit sur le ton de l’humour, ses copines, elles la croient pas, ou alors, elles y croient tellement qu’elles lui répondent, mortifiées, des aberrations du style:
« Ma pauvre Lucette, ça doit pas être facile à vivre tous les jours! »
Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi elles ont l’air si navré. Ça me plaît bien à moi d’être la digne descendante de Jeanne d’Arc. Elle est connue, elle a même son nom dans le calendrier. C’est pas tout le monde qui peut se vanter d’avoir un ancêtre d’une telle importance… Et c’est quand même mieux qu’être le descendant de jack l’éventreur.
Remarquez, je m’en fiche.
Et de toutes façons, elle a raison ma mère quand elle dit que j’entends des voix.
Il y a celle effrayée du facteur qui crie que le chien veut le mordre, celle de Louisette mon arrière grand mère, qui appelle du lit où elle est désormais clouée, ou encore celle, nasillarde, du présentateur météo qui annonce en souriant qu’il va neiger demain. Mais ma mère, elle, ne les entend pas. Elle pense que je fabule, que je fais mon intéressante !! Moi je pense qu’en fait, c’est plutôt elle qui fait la sourde oreille.
« Jeanne ? Voulez vous descendre de là immédiatement !? »
Je sors brutalement de mes songes.
Non, ce n’est pas possible, pas déjà. Laissez moi tranquille, laissez moi chevaucher, batailler, laissez-m…
« Jeanne ? Vous m’avez entendu ? »
Cette fois je suis consciente. Trop consciente.
Oui je vous ai entendu, que votre volonté soit faite.
Le réel m’envahit engloutissant mes rêves.
Lentement je redescends de mon bureau devenu destrier l’espace d’un instant et m’assied, dépitée, sur la chaise de bois.
Mais qu’y puis-je ?
En digne descendante de la grande Jeanne d’Arc, il est des voix que je ne peux ignorer.
Et malheureusement celle de monsieur Rémy, le prof d’histoire, en fait partie.
Des rires à peine étouffés et autres quolibets fusent autour de moi. Je redeviens dès lors la digne descendante de ma mère…
Etrangement, je ne les entends pas.
15:10 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


