02 juillet 2008
Histoire de Piafs
Un petit texte écrit lors d'un jeu sur mon forum préféré : AVP !!
Sujet : vous êtes en fôret et vous haranguez une entité réelle ou imaginaire.
Je piaffe, tu piaffes,… Ils piaffent !
Non mais c’est pas bientôt fini ce raffût ? Ça fait vingt-cinq fois que tu me dis « coucou » je commence à savoir que t’es là ! Tu connais pas une chanson, tu fais pas MP3 ?...
Oh toi là-haut, tu m’écoutes ? C’est saoulant ton monologue à la fin !! Quand je pense que t’es même pas fichu d’avoir une maison à toi ! Vous savez pas que les écrivains, on les appelle aussi des plumes ? ! Vous pourriez avoir un peu pitié de moi non ? Je fais presque partie de la famille…
En parlant de famille, j’aurai jamais dû écouter Edith ! Aller en forêt pour avoir du silence …Y’a qu’une môme comme elle pour avoir une idée pareille. Deux heures que j’y suis dans la forêt. J’ai marché des kilomètres pour écrire peinard une harangue, loin des hommes et du vacarme de la ville, et je n’ai toujours pas pondu la moitié de mes trois mille caractères ! Une harangue !! Tu parles d’un sujet ! Je sais même pas ce que c’est…
…
Tiens, il ont dû piger, je les entends plus ! C’est vrai quoi, c’est gonflant à la fin ! Bon alors, où en étais-je ? « Il était une fois une… »
Ah non !! C’est pas vrai je rêve ! Vous allez pas vous y mettre vous aussi ? C’est quoi cette fois, un concert privé ? Hé le torchepot juvénile, si tu cesses pas tes « pipi » de suite, je grimpe et je te décalotte illico ! C’est valable pour toi, le pouillot ! T’as pas fini de me donner l’heure avec ton « tic-tac » ? T’es même pas en rythme mon gars, t’as même un sacré décalage c’est moi qui t’le dis ! Quand à toi, le cassenoix, pour ce qui est de me les casser, on peut dire que tu sais t’y prendre. Y’a plus rien à becqueter dans ta taïga que t’es venu jusqu’ici ? C’est comme l’autre là, le troglodyte ! Comment il peut y avoir une telle puissance de tremolo crépitant dans seulement huit centimètres et, allez, quoi… 11 grammes ? Une vraie Castafiore miniature !
…
Ah quand même, faut gueuler plus fort que vous en fait ! Bon je reprends : « il était une fois une poule bleue qui…. » C’est quoi ce truc ? Une porte qui grince ? En pleine forêt ? Et maintenant un bébé qui pleure ? Je suis en train de péter les plombs moi…
Ah c’est vous ! J’aurais du m’en douter ! Oh, l’accenteur, je te cause ! Tu veux pas emmener le gobemouche faire un tour ? Non parce qu’entre tes grincements et ses jérémiades, vous allez finir par me foutre le bourdon tous les deux !
En plus maintenant, il est tard, et le soleil se barre. Vous aussi ? Super ! Ben alors je reste et j’écris à la lumière du portable, voilà ! Non mais…
Je disais donc, « il était une…. »
Arrrgh !! Je t’avais oubliée toi ! C’est la totale ! L’apothéose !! Je ne sais même pas si tu es entrain de me dire bonsoir, si tu te fous de moi, ou si tu essaies de me faire peur… Si c’est le cas, je peux te dire que toi aussi, tu portes mal ton nom ! T’es pas chouette, et d’ailleurs tu ne m’effraies pas du tout non plus.
Par contre, j’en ai marre. Oui, marre de vous tous ! Je capitule, je plie bagage. Quand je pense qu’on me rabâche sans cesse que je suis bavard comme une pie…
Mais je reviendrai, et je vous préviens les piafs, la prochaine fois, j’embarque le chat !!
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15 mai 2008
LEON
Petit jeu du forum.
Le sujet : vous vous transformez subitement et sans le vouloir en animal... ( les mots en gras étaient obligtoires!)
LEON
Quand je me réveillai ce matin là, je sentis de suite que quelque chose clochait.
Il y avait ce parfum étrange qui flottait dans l’air et qui réveillait en moi des souvenirs brumeux. Je constatais alors que je n’étais plus dans mon lit douillet, bien au chaud sous ma couette, aux côtés de ma femme ! A la place j’étais prisonnier d’un herbage arborant une bizarre couleur de miel avec au cœur cette sensation désagréble de n’être plus moi-même. Je regardais autour de moi, cherchais mon corps, mais ne trouvais qu’une ombre qui ne m’en apprit guère plus. Ma femme, elle, avait tout bonnement disparu.
Ne sachant trop que faire, j’entrepris d’explorer prudemment les lieux.
Je me faufilais tant bien que mal dans cet amas de broussailles dorées qui semblait ne jamais vouloir prendre fin, quand subitement une grande clarté envahit tout l’espace. Je clignais des yeux. J’avançais droit devant moi, sans réfléchir. Le sol, d’un blanc laiteux, se faisait tendre, presque élastique. Vierge de toute végétation il ne semblait pourtant pas souffrir de sécheresse.
Je me retrouvais bientôt aux abords d’une falaise ; le vide me força à reculer. Dépité mais tenace, je décidais alors d’aller vers le nord, tournais à gauche et constatais enfin toute l’étendue de ma désolation.
J’étais seul. Terriblement seul au milieu d’un désert sur une terre inconnue. Au loin, il me sembla apercevoir des sommets…Tristement, je me remis en marche. Je frôlais l’unique cratère de ce paysage pour le moins étrange et ne m’arrêtais qu’une fois au pied des montagnes ; immenses, soudées entre elles, sans aucune prise possible… plus dures à gravir que la muraille de Chine. J’allais me résigner quant une forte secousse ouvrit une brèche inespérée. Je m’y faufilais, courant comme un fou de peur qu’elle ne se referme. La tête me tournait ; ou peut-être était-ce le sol qui bougeait…
Péniblement je continuais mon ascension. Je suais. Au-dessus de moi, une cascade de lianes aux couleurs automnales m’offrit enfin un peu d’ombrage. Plus j’avançais, plus je sentais un souffle chaud m’envelopper, un vent doux et agréable qui dégageait une douce odeur de confiture de fraise. Ma préférée. Fouillant ma mémoire à la recherche de cet effluve qui jadis me faisait frissonner, égaré dans ces souvenirs d’ancienne vie, je ne perçus que trop tard le grondement sourd précédant la tempête. Surpris par la violence des eaux, je fus d’abord projeté en l’air, puis culbutais le sol à plusieurs reprises. La brèche entre les monts s’était encore élargi. Glissant sur le dos, je m’y engouffrais et achevais ma course folle dans le cratère où j’attendis, tremblant, la fin du déluge. J’avais encore du mal à reprendre mon souffle et mes esprits quand un hurlement me fit sursauter. Puis quelqu’un brailla mon prénom sur un ton emplit de colère tandis qu’un forceps géant m’arrachait à mon abri de fortune.
Ce n’est que lorsque je fus face à elle que je compris enfin QUI j’étais ! Je baissais les yeux, elle était en soutien-gorge. J’allais descendre plus bas encore quant une faucille écarlate me sectionna le corps d’un coup sec et mortel. Jeté au sol, agonisant, c’est pourtant la flamme d’un briquet qui m’acheva sans que j’aie le temps de lui dire :
– C’est moi chérie, c’est moi LEON !!
LEON le Morpion !
11:54 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
28 avril 2008
RESURRECTION
SUJET : Vous ratez le train. Racontez les conséquences.
« Raté le train. dsl. Besoin de temps. Jt’m. »
Caro soupira, leva le pouce, s’arrêta. Le clapet du téléphone en suspens aucune empreinte ne vint marbrer la touche envoyer.
Non, elle ne pouvait lui écrire ça, pas comme ça. Elle pouvait au moins l’appeler… Oh et puis à quoi bon, il ne la croirait pas.
Et de toutes façons, elle ne l’avait pas vraiment raté ce train ! Pas encore…
L’air hagard, le geste lent, Caro pivota la tête vers la gauche. Les montagnes encore blanches, la campagne qui s’éveille d’un hiver ajourné, le fleuve accouchant sur ses rives d’une fange grisâtre et gluante ; le vent glacial qui vous fouette les joues… son esprit s’échappait, comme flottant par-dessus les nuages, s’écorchant aux sommets, s’effilochant ça et là comme pour mieux disparaître.
A gauche, c’était aussi les amis de longue date, parfois même d’enfance ; la famille, nombreuse, soudée, réconfortante ; les souvenirs, bons ou mauvais, nostalgiques clichés ancrés en elle jusque dans ses chairs. A gauche, c’était le passé.
Caro, jusque là en apnée, inspira longuement, déglutit avec peine, tourna la tête de l’autre côté.
Bien que la distance lui interdit d’en admirer les paysages, elle savait que là-bas l’attendaient l’immensité de la mer, la douce caresse du soleil, le chant des cigales dans les pins parasol et la quiétude des siestes du sud. Et puis il l’attendait, LUI.
Lui avec sa belle gueule, son boulot bien payé, son zen en toutes circonstances. N’était-ce pas ce qui l’avait attiré, la première fois ? Cette assurance, ce charisme indescriptible ? LUI qui voulait qu’elle sache qu’il l’aimait… sans jamais le lui dire ; sans même le lui montrer ! Homme rigide, autoritaire, étouffé par ses émotions, prisonnier de ses principes. Un iceberg face à elle ; elle si volcanique, si lunaire, si bouillonnante de sève. Cinq ans qu’elle partageait sa vie où plutôt, qu’elle épousait la Sienne. Cinq ans garée sur une voie à sens unique, à laisser de coté sa passion des mots pour soigner ses maux à LUI.
Fallait-il qu’elle se soit détestée à l’époque pour en tomber amoureuse !?
Caro soupira. Des larmes jaillies de ses entrailles lui brûlèrent les yeux tandis qu’une envie de vomir lui soulevait l’estomac. Elle déglutie avec peine, se mordant l’intérieur des joues, ferma les yeux. Elle alluma une cigarette pour se donner une contenance, avisa le chef de gare et le chauffeur discutant sur le quai opposé. Le train n’allait pas tarder à partir…le ronronnement de la loco la pressait de se décider.
Elle s’adossa au dossier de son siège, luttant pour faire cesser ce mælstrom de sentiments contradictoires qui valsait dans sa tête. Ne plus penser, l’espace de quelques secondes, faire le vide. À gauche, le passé. À droite, l’avenir…mais l’avenir ne faisait-il pas déjà partie du passé lui aussi ?
Les larmes enfin coulèrent. D’amers sanglots secouèrent son corps engourdi.
Aujourd’hui, elle n’en pouvait plus.
Aujourd’hui elle voulait vivre, exister ! L’écriture lui brûlait les doigts, elle voulait, elle DEVAIT s’y jeter corps et âme pour rattraper le temps et les mots perdus.
Aujourd’hui, elle manquait d’air et bientôt, c’est sûr, elle mourrait de silences.
Le claquement sec du clapet la fit sursauter.
Tel une épée de Damoclès, une pression du pouce venait de sceller son destin.
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22 avril 2008
SURPRISE
Petit texte pour le jeu "presque"hebdomaire de mon forum préféré ( A Vos Plumes!!).
Les contraintes : Une personne rentre chez elle un soir, il y a une ambiance étrange...racontez!! Chute humoristique obligatoire...
SURPRISE !!
Je regarde ma montre :
– 20h30 ! Dix heures de boulot avec ce chef vicieux j’en peux plus !!
Je fouille mon sac, fatiguée et de mauvaise humeur.
– où ai-je mis ces foutues clefs ? Ah ! Les voilà.
Je me bagarre un instant avec la serrure ; enfin la porte s’ouvre.
– Bon sang ! Elle couine encore cette porte ! J’ai pourtant dit plusieurs fois à Jean de la graisser. Il glande rien de rien celui la ! Et je suis sûre qu’il va encore oublier notre anniversaire de mariage !
J’entre, referme derrière moi et appuie sur l’interrupteur. Rien. Je recommence, toujours rien. Je trépigne presque de rage quand mon portable sonne m’offrant un semblant de lumière. Je regarde : FIFI ! Je décroche :
– Salut ma biche comment vas-tu ?
…..
Moi ? M’en parle pas, l’horreur à l’état pur !
Je rentre à pied car les bus sont en grève, je me chope un orage de folie, Jérôme qui arrête pas de me faire du gringue, et maintenant plus de lumière !!
…..
– Hein ?
……
– Oui il est très charmant Jérôme.
…..
– Hein ? Oui il m’a invitée à dîner mais chuuut ! T’as intérêt à le garder pour toi !
A tâtons, j’avance vers le salon à la recherche d’une bougie.
– Bon reste zen Nicole, il doit y avoir une bougie par là…
……
– Non pardon je me parlais à moi-même. Tu sais quoi, çà sent bizarre chez moi, ça empeste même. Beurk ! On dirait l’eau de toilette de Roger !
…..
– Mais si Roger, tu sais bien, le gros pas beau qui bosse avec Jean.
…..
– Oui voilà, celui qui pue c’est bien ce que je dis ! Aïe ! Mais qui a foutue cette chaise en plein milieu du passage ! Bon dieu, Caro n’a encore rien glandé aujourd’hui…elle a la chance celle-là d’être une copine d’enfance de Jean, d’avoir trois gosses et de pas prendre cher, sinon y’a longtemps que je l’aurai virée, pas fichue de faire le ménage correctement.
…..
– Hein ? Non j’ai pas de briquet, tu sais bien que je fume plus. Tiens en parlant de ça tu as su pour Léo ?
….
– Quoi t’as pas su ? Il s’est endormi avec une clope à la main, il a flambé son appart et même un peu celui du voisin je crois.
....
– Ben non, il a pas les moyens tu penses ! c’est qu’un petit fonctionnaire de police, genre play-boy de bac à sable ! Il se la pète avec son uniforme mais il a le QI d’un moineau. Je crois qu’il est reparti vivre chez sa mère. Ouais, à 37 ans ! La honte !! Bon je te laisse, suis vannée et faut que je trouve cette bougie. Oui à plus.
Je raccroche, essaie de muer le portable en lampe torche quand soudain, je sens comme une présence. Je le fourre en poche. Oui, il y a quelque chose, où quelqu’un là, tapie dans l’ombre. Cà m’observe, j’en suis sûre. Je tremble, je panique.
Un voleur ? Un assassin ? Un fou qui va me kidnapper, me torturer, me…
Non je ne veux pas y penser. Un souffle me frôle, je hurle. C’est alors que la lumière se rallume. Je suis éblouie, je cligne des yeux et puis je les vois, là, tous les quatre : Caro, Roger et Léo aux côtés de Jean. Ce dernier tient une bouteille de champagne un bouquet de roses à la main. Je me sens mal tout à coup. Je me sens devenir rouge de honte, eux tirent plutôt sur le blanc. Jean s’approche, se penche vers moi et me marmonne :
– J’avais invité nos amis pour nos dix ans de mariage, pour te faire une surprise…
Je persifle.
– T’es vraiment trop con Toi… C’est dans huit jours, notre anniversaire de mariage !
09:51 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17 mars 2008
Qui aurait cru...
Un petit texte pondu rapidos pour un jeu sur M.A mais auquel je n'ai finalement pas pu participer faute de connexion internet!! Il fallait simplement écrire ce que nous ressentions face à cette photo...
Je vous laisse découvrir mon impression ici:
Le père du petit Nicolas feuilletait l’album familial, une infinie tendresse mêlée d’amusement dans le regard.
– Regarde cette photo chérie. Tu te souviens ? Notre petit monstre avait déjà son fichu sale caractère.
Occupée à tailler des fleurs trop grandes pour le vase dans lequel elle avait décidé de les mettre, la mère arrêta son geste, posa le sécateur sur la table et s’approcha. Un éclat de rire emplit soudain la pièce.
– oh oui je me souviens ! Un vrai petit bourreau ! Pauvre nounou, elle ne savait plus que faire pour le calmer. Rien d’autre ne l’intéressait que démembrer ses jouets, déchirer ses livres, hurler durant des heures… Il lui en a fait voir de toutes les couleurs ! Il n’aimait rien de ce qu’aiment les autres enfants. D’ailleurs, il n’aimait pas les autres enfants non plus !
– c’est vrai. Même topo pour les sucreries ! Ce garnement n’aimait que ce qui était fort ou acide. Même l’harissa avait plus de douceur à ses yeux qu’un sucre d’orge ! Qui aurait pu penser qu’un jour…
Elle éclata de rire.
– Certainement pas cette sixième nounou !! Elle qui était si gentille…
– Elles étaient toutes gentilles ! Toutes d’une patience incroyable ! Mais il faut reconnaître qu’il n’était quand même pas un gosse facile…Bébé infernal, enfant terrible, adolescent hargneux, toujours à vouloir commander tout le monde du haut de son mètre cinquante...
– oui tu as raison, son complexe d'infériorité a commencé très tôt et l'a poursuivit jusqu'au bout! Cette photo est décidément la plus représentative de sa personnalité.. On devrait la faire encadrer.
Le père contempla le cliché, une étrange fierté dans les yeux.
– Oui. Mais tout de même, qui aurait pu imaginer…
– Personne ! Rappelle-toi, même nous, nous nous demandions sans cesse ce que nous allions bien pouvoir faire de lui…
Un sourire passa sur les lèvres paternelles.
– Il était grassouillet bébé hein ? De ce côté-ci au moins, il a beaucoup changé !
– C’est vrai ! Et entre nous, même si c’est notre fiston chéri, je crois que j’aurai préféré qu’il garde son gras et qu’il soit moins, comment dirais-je…
– Sec ?
– Oui ? c’est ça ! Sec ! Dans tous les sens du terme ! Une vraie peste il faut bien le reconnaître, et pour ne rien te cacher, j’ai toujours pensé qu’il finirait tueur à gages où un truc dans le genre…
– Oui, je comprends ce que tu veux dire ! J’avoue maintenant queje pensais un peu comme toi. Personne n’aurait pu imaginer, pas même nous, qu’il finirait dans un pays étranger comme président de la République !!
21:33 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
04 mars 2008
CRUELLE DETECTION
Un petit texte pondu pour le jeu d'un forum... la seule contrainte était la première phrase !
CRUELLE DETECTION
"Il creusait le sable de la plage quand sa pelle heurta un objet qu'il déterra : c'était une boîte".
Immédiatement, son sang ne fit qu’un tour ! Un trésor, enfin !! Depuis sa plus tendre enfance John en rêvait, et cette boîte, fut-elle vide, en était un à elle toute seule.
Excité comme un gosse, vérifiant alentour si personne ne le voyait, il s’assit en tailleur et de peur de gâcher cet instant magique en allant trop vite, entreprit de l’examiner sous toutes les coutures. Elle était un peu lourde, c’était plutôt bon signe.
Comme s’il s’était s’agit d’une femme, il commença par la contempler. Elle était encore jeune et belle, de dimensions moyennes et aux contours harmonieux. Puis il devint plus entreprenant et c’est presque tendrement qu’il la caressa du bout des doigts. Aucune ride ne striait sa surface. Enfin, n’y tenant plus, il la nicha délicatement entre ses jambes pour l’assaut final. La femme _ pardon la boîte_ n’était pas fermée à clef et promettait de se donner sans retenue, lorsque deux rangers vinrent se poster devant lui, cependant que des mains venues de nulle part l’attrapaient solidement par les épaules, anéantissant son extase du moment et toute jouissance future.
_ Monsieur vos papiers s’il vous plait ! Avez-vous une autorisation préfectorale ?
Le charme était rompu, irrémédiablement.
Sans lâcher son trésor, John se leva, fouillât ses poches et tendit ses papiers d’identité aux deux officiers de police qui le toisaient d’un air sévère derrière leurs lunettes de soleil à trois francs.
_ Il est interdit de faire de la détection sur les plages sans autorisation !! Qu’y a t-il dans cette boîte ?
John, prit de court, bredouilla quelques mots incompréhensibles et dans un élan de lucidité lui vint une idée géniale:
-Non non, vous n’y êtes pas, cette boîte est bien à moi, j’allais l’enterrer en fait !
Deux énormes sourcils broussailleux dépassèrent des binocles.
-En ce cas à quoi vous sert votre détecteur ?
-Heu… Et bien… Je voulais vérifier qu’elle était enterrée assez profond pour qu’on ne la découvre pas.
Il est fier de lui John ! Quelle intelligence ! Quelle vivacité d’esprit !!
Mais le policier récidive :
-Dans ce cas monsieur, vous ne verrez aucun inconvénient à ce que je jette un œil à son contenu ?
John fulmine. Il voudrait crier sa colère, hurler sa déception, beugler sa frustration. Personne n’a le droit de lui voler SON trésor, PERSONNE !
Trop tard. L’officier a dès lors subtilisé l’objet et s’apprête à l’ouvrir.
Comme prévu, la boite se donne sans réticence. En son fort intérieur, John la traite de garce.
-J’en conclue donc que ceci vous appartient !?
John jubile. Il a bien perçu le ton narquois de l’homme mais n’a pu discerner son regard. Regard d’abord étonné, puis carrément austère. John est heureux, il sourit même.
-Oui monsieur l’agent.
Le policier ne rigole plus du tout. John non plus d’ailleurs, en découvrant le pistolet de gros calibre qu’il lui met sous le nez.
La surprise et la peur s’emparent de lui.
-J’ai menti, j’ai menti !! Elle n’est pas à moi cette boîte !! Allez quoi, soyez sympas, vous voyez bien que je n’ai rien d’un criminel !? Et puis, faute avouée est à demi pardonnée non ?
Rire tonitruant.
-Ben oui mon gars, avec un peu de chance, tu en prendras pour dix ans au lieu de vingt !!
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25 février 2008
LE VENT
Je me souviens aussi des effluves enivrants du muguet qui tapissait la cour de monsieur Renaud, et qui, pour peu que je reste à bader ses clochettes magiques, me donnait mal au crâne. Je n’ai jamais oublié les parfums âcres d’une cour de ferme et ceux, plus puissants, de la roseraie du voisin.
Et lorsqu’à la saison sèche j’avais le droit de tremper mes pieds dans la rivière, j’observais les rides qu’il dessinait à la surface de l’eau, tentant désespérément de le surprendre au détour d’un rocher, d’un buisson, d’un morceau de bois mort, comme on tenterait d’apercevoir un fantôme. En vain.
Souvent je rentrais à la maison tristounette et dépitée.
Mais quelques instants plus tard, de suaves effluves de chocolat fondu sur du pain grillé au feu de bois avaient tôt fait de chasser mon chagrin. Un goûter de reine.
Et puis un jour, Miracle ! Enfin !! Au détour d’un sentier flairant bon la noisette, sous les cris odieux des corbeaux charognards, je le vis subrepticement se glisser entre les branches d’un saule. Limpide. Majestueux, Sidéral. Image furtive mais ô combien délicieuse après tant d’années d’espoirs déçus. Portée par tant de joie, je m'écriais:
« Ça y est grand-mère, je l’ai vu !! ».
Et l’aïeule m’a regardé, et m’a sourit encore une fois.
Je venais d’avoir vingt et un ans.
15:17 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : écriture, lecture, passion
12 février 2008
DEMAIN, IL FERA BEAU !!
Demain, il fera beau…
Charles, neuf ans, contemplait une dernière fois la lune, puis fermait les yeux et s’endormait paisiblement. Demain, il ferait beau, c’était certain. Il l’avait décidé.
Fruit unique d’une mère couturière et d’un père aussi fainéant qu’alcoolique, le petit Charles avait une enfance des plus misérables.
Aussi, chaque fois que son père rentrait ivre mort et battait sa mère, il se réfugiait sur son lit, en haut du grenier, s’allongeait pour contemplait la lune, les étoiles, rêvant d’une vie meilleure, d’horizons plus cléments.
Il se voyait tantôt noble chevalier à l’armure rutilante, juché sur un beau destrier blanc, se battant comme un diable contre des armées entières de sauvages aux peintures de guerre, tantôt magicien célèbre faisant apparaître lapins et colombes sous le regard émerveillés des enfants, ou encore super héros futuriste sauvant une belle inconnue des griffes d’un monstre hideux et puant.
Un soir où l’astre de nuit flamboyait comme un soleil, il avait décidé qu’il était un puissant sorcier et qu’il avait le pouvoir de dominer les éléments.
« Demain, il fera beau » avait-il prononcé tout haut avant de sombrer dans un sommeil de plomb.
Lorsque la douce lumière astrale vint lui caresser le visage, un étrange rictus passa furtivement sus ses lèvres. Tout au long de la journée, il promena le nez en l’air, goûtant l’intime satisfaction d’ordonner au soleil de le réchauffer, encore et encore. Aux moqueries des ses camarades de classe il répondit pas un petit sourire énigmatique, une étincelle de fierté inaccoutumée dans le regard.
Quelques nuits passèrent, identiques aux précédentes, sous les cris étouffés de sa mère et les bruits de vaisselle qui se fracasse au sol. Fébrile, Charles attendait, se bouchant parfois les oreilles avec les mains. Il avait essayé, il avait supplié, imploré, en vain. Ce n’était que lorsque l’astre de nuit se montrait dans son intégralité qu’il pouvait utiliser ses dons de grand sorcier. Aussi s’y résignait-il, emplissant son impatience de mille rêves inassouvis.
« Demain, il fera beau. Demain, le vent soufflera fort. Demain, il y aura la grêle »
Et çà marchait, à tous les coups. Quelle que soit la saison.
Les scientifiques en perdaient leur latin, les écologistes hurlaient au massacre de la planète, les médias n’avaient de cesse de parler du réchauffement climatique. D’autres plus pragmatiques, pensaient que la nature avait encore bien des secrets…
Il en fut ainsi jusqu’à son treizième anniversaire. Cette nuit où il décida qu’il était temps accroître ses désirs à d’autres choses que les caprices du temps, même s’il était amusant de faire abondamment neiger un jour de juillet ou de provoquer une canicule pour Noël.
Allongé sur son lit, il regarda fixement l’astre de nuit voilé par de nombreux nuages.
« Demain, j’aurai la meilleure note en mathématique ! ».
Bon dernier en cette matière, il n’en fut que plus enchanté lorsque l’instituteur lui rendit fièrement sa copie.
Le soir même, curieux et excité comme un chien à qui l’on tend un nouveau jouet, il retenta l’expérience, se concentrant plus qu’à l’accoutumée sur ce qu’il désirait.
« Demain, je gagnerai Michel aux billes »
Mais rien à faire. Il devait attendre, attendre encore !!
Je veux que la Directrice s’étale devant tout le monde à la récréation. Non, je veux que le chien de l’épicier attrape le chat de la voisine. Ou alors je veux …
Malheureusement, si au début cet échappatoire n’était qu’un jeu, il ne l’était plus depuis la mort de son père, quelques mois auparavant. Pire encore, il en devenait une quête de puissance et ses vœux commencèrent à devenir plus cyniques, plus égoïstes, plus dangereux aussi.
C’est à cet instant qu’il m’est apparu différent, presque lubrique.
Chaque pleine lune passée transformait son souhait en réalité.
Je veux que madame Lenoir se casse les deux jambes (c’était notre prof de sport). Je veux que Raoul se fasse bastonner à la sortie du lycée. Je veux voir ce qu’il y a s sous les jupes de Marilyne…
Il fit lui-même parfois les frais de ses sentences, comme ce jour où il a souhaité malheur à monsieur Jean. Il n’avait pas prévu que la grange de l’agriculteur prendrait subitement feu, alors même qu’il s’y trouvait, tentant maladroitement de déclarait sa flamme à son premier amour. Ils ont eu chaud tous les deux, lui surtout car le père de la gamine n’était pas commode. Cette histoire, on en parle encore dans le village.
Et puis, au fil des ans, son ambition n’eut plus de mesure.
Lui qui n’était pas doué pour les études obtînt de hauts diplômes, devint millionnaire aux jeux de hasard, se fit construire une immense maison, roula dans des voitures de luxe en compagnie des plus jolies filles de la région.
Il est devenu hautain, vil et macho.
Sa vie n’était alors que débauches et rencontres d’un soir.
Puis à l’aube de la trentaine, il décida qu’il lui fallait une descendance et pour cela, il devait épouser Hélène, seule fille qui lui avait jusqu’alors résisté.
Hélène était une fille douce et romantique, de dix ans sa cadette, très éprise d’un autre et se moquant bien de sa fortune et de son pouvoir. Pire encore, Charles représentait à ses yeux tout ce qu’elle haïssait.
Et pourtant. Le lendemain de son souhait, Charles demanda sa main et elle accepta, au grand désespoir de son amoureux. Le mariage eut lieu sur le champ et c’est une automate qui prononça, hypnotisée, le oui fatidique devant monsieur le curé. Elle ne s’est vraiment compte de la situation qu’une fois dans le lit conjugal. Pauvrette !!
Roger marqua une pause.
- Et c’est pour ça qu’elle l’a tué, le Charles, je vous dis !!
Flegmatiques, les deux hommes en blanc soupirèrent.
Oui monsieur Armand de la Lune. Depuis dix ans que vous êtes là, la gendarmerie a bien prit votre déposition, vous n’avez plus qu’à signer là et nous pourrons vous remettre votre camisole et vous ramener dans votre chambre.

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04 février 2008
Glorieuse Ascendance
Je m’appelle Jeanne…
Comme nombre de fille dans ma famille. Je n’ai jamais beaucoup aimé ce prénom, je l’ai même franchement détesté à une époque. Je pensais que c’était celui d’une arrière arrière grande tante ou quelque chose dans le genre, qui devait sans doute avoir fait quelque chose d’exceptionnel pour qu’on lui rendre si grand hommage…Mais cela m’agaçait, je voulais un prénom à moi, rien qu’à moi…
Jusqu’au jour où j’ai fait le rapprochement.
Je ne pensais pas si bien croire d’ailleurs et aujourd’hui, ce prénom, j’en suis drôlement fière.
Car voyez-vous, je suis la digne descendante de Jeanne d’arc. Descendante directe j’entends ! Et de plus, autant que j’ai pu en juger sur les reproductions, je lui ressemble comme deux gouttes d’eau.
Comme elle, j’ai le visage fin et délicat, le menton décidé, le regard vif et pénétrant. Comme elle je porte les cheveux lâchés et toujours des pantalons. Comme elle, c’est moi qui commande, qui donne les ordres. Comme elle j’aime chevaucher à travers les landes, droite sur ma selle, libre et fougueuse…
Mais surtout, comme elle, j’entends des voix !
C’est ma mère qui dit ça tout le temps :
« Ma fille, c’est Jeanne d’arc, elle entends des voix ». Mais comme elle le dit sur le ton de l’humour, ses copines, elles la croient pas, ou alors, elles y croient tellement qu’elles lui répondent, mortifiées, des aberrations du style:
« Ma pauvre Lucette, ça doit pas être facile à vivre tous les jours! »
Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi elles ont l’air si navré. Ça me plaît bien à moi d’être la digne descendante de Jeanne d’Arc. Elle est connue, elle a même son nom dans le calendrier. C’est pas tout le monde qui peut se vanter d’avoir un ancêtre d’une telle importance… Et c’est quand même mieux qu’être le descendant de jack l’éventreur.
Remarquez, je m’en fiche.
Et de toutes façons, elle a raison ma mère quand elle dit que j’entends des voix.
Il y a celle effrayée du facteur qui crie que le chien veut le mordre, celle de Louisette mon arrière grand mère, qui appelle du lit où elle est désormais clouée, ou encore celle, nasillarde, du présentateur météo qui annonce en souriant qu’il va neiger demain. Mais ma mère, elle, ne les entend pas. Elle pense que je fabule, que je fais mon intéressante !! Moi je pense qu’en fait, c’est plutôt elle qui fait la sourde oreille.
« Jeanne ? Voulez vous descendre de là immédiatement !? »
Je sors brutalement de mes songes.
Non, ce n’est pas possible, pas déjà. Laissez moi tranquille, laissez moi chevaucher, batailler, laissez-m…
« Jeanne ? Vous m’avez entendu ? »
Cette fois je suis consciente. Trop consciente.
Oui je vous ai entendu, que votre volonté soit faite.
Le réel m’envahit engloutissant mes rêves.
Lentement je redescends de mon bureau devenu destrier l’espace d’un instant et m’assied, dépitée, sur la chaise de bois.
Mais qu’y puis-je ?
En digne descendante de la grande Jeanne d’Arc, il est des voix que je ne peux ignorer.
Et malheureusement celle de monsieur Rémy, le prof d’histoire, en fait partie.
Des rires à peine étouffés et autres quolibets fusent autour de moi. Je redeviens dès lors la digne descendante de ma mère…
Etrangement, je ne les entends pas.
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31 janvier 2008
ADIEOU BARACA
ADIEOU BARACA
Jano arpentait la promenade d’un pas fort incertain.
Après plusieurs heures passées à regarder la boule de la roulette, une lampée de whisky à chaque mise, il était ressorti complètement lustré du Casino Rhul.
Comme tous les samedi soirs en fait, mais ce soir là, c’était différent….
Ce soir là, le Jano, il était malheureux comme les pierres. Malheureux à en chialer, ce qu’il faisait d’ailleurs fort bruyamment, sans se soucier du regard des passants.
Les voyait-il seulement ? Pas sûr.
C’est que le Jano, il a une drôle d’histoire…
Il y a quatre ans, il a gagné au loto, et pas qu’un peu…
Sur le coup, il y a pas cru. Mais quand on lui a donné le chèque, il s’est passer un truc bizarre en lui, une sensation étrange, une ivresse jusqu’alors inconnue.
Et il a pas traîné le Jano ! A la vitesse de l’éclair, il a bazardé femme et enfants, vendu sa petite alimentation qui ne végétait, déménagé dans une maison immense, avec piscine et tout le tintouin. Grand Prince, il a laissé l’appartement à son ex-épouse, un trois pièces de 65m2, sans vis-à-vis,… ni remords.
Et puis il a commencé une vie de célibataire, sortant tous les soirs, mangeant n’importe quoi n’importe quand, toujours sur son 31, costard, cravate, bagouzes, etc.
Il s’est mis à fréquenter les bars, les discothèques, à draguer les filles…
Une vraie vie de patachon lui disait sa mère.
Mais il s’en foutait le Jano. Il se sentait libre comme une mouette, léger comme ces ballons gonflé à l’hélium qui ravissent tant les bambins.
Mais il a fait une grave erreur le Jano ! Il s’est mis à jouer au Casino.
Oh juste un peu au début, de temps en temps, pour le fun…
Mais il a gagné, et gagné encore. La sensation grisante que cela lui procurait, la roulette qui tourbillonne, les cartes qui glissent aisément sur le tapis, l’ambiance VIP… tout ça ne l’a plus lâché.
Jusqu’à ce soir.
Fatalement, ce soir, Adiéou Baraca !!
Il a perdu Jano, il a TOUT perdu. Il a tout joué, argent, maison, voiture, tout. Jusqu’à la montre en or que lui avait offert son père pour sa majorité. Elle est bien loin cette majorité aujourd’hui et Jano se demande un peu s’il n’était pas plus responsable il y a trente ans… Moins fou en tous cas.
Dehors, il fait froid. On a beau être sur la côte d’azur, l’hiver, c’est l’hiver, et c’est encore pire quand un vent à décorner les cocu fait se trémousser les palmiers du bord de mer, et le Jano, le nez en l’air, regarde les illuminations comme un badagou, sans même se rendre compte qu’il est au milieu de l’avenue. Un coup de klaxon intempestif le ramène un bref instant sur terre, assez pour le faire traverser en maugréant contre l’automobiliste impatient.
Faï caga !
Il traverse, et descend sur la plage. Les galets humides et luisants lui font tordre les chevilles avec ses mocassins dernier cri de chez Versace. Il avance jusqu’au bord où la mer, à présent déchaînée, vient lécher brutalement son costume de soie gris. Il a le cœur lourd, Jano, aussi lourd que le poids qui lui pèse sur les épaules.
J’ai tout perdu !! J’ai tout perdu marmonne-t-il sans cesse entre ses dents. Les vraies, brunies par le tabac des cigares, et les fausses, en or.
Il avance encore, comme au automate, s’en même s’apercevoir qu’il a les pieds dans l’eau. Ou alors il s’en fiche !?
Subitement, il s’arrête. Il tient debout grâce aux galets qui lui roulent sur les pieds et le maintiennent au sol tant bien que mal. Soudain, il lève les bras au ciel et, tel un iroquois invoquant les esprit, se met à beugler :
« Dieu qu’est ce que je t’ai fait hein ? Pourquoi tu me traites comme çà ? Tu m’as tout donné, et ce soir, tu m’as tout repris ! J’ai tout perdu, TOUT perdu ! »!
Il sanglote le Jano, il tremble de colère, d’amertume et de froid.
Il va pour reprendre son monologue quand…
« Ô fada, tu moulines ! Et sors de la que tu vas attrapé la crève ! Et l’eau de mer c’est pas bon pour le cuir italien ! »
Jano reste pétrifié, toujours les bras en l’air.
« Dieu me parle !! Dieu me parle et il se fout de moi en plus !! »
Il explose cette fois le Jano.
« J’ai tout perdu je te dis ! TOUT !! Alors qu’est ce qu’on s’en fiche des mocassins hein ?! »
Et joignant le geste à la parole, le voilà qui se déchausse non sans peine et, telle une mariée avec son bouquet, jette les mocassins au loin derrière lui.
Mais Dieu ne compte pas en rester là.
« Ton beau costume, regardes, on dirait une estrasse maintenant! »
Jano, n’en croit pas ses oreilles. Il éructe.
« T’encapes rien toi là-haut !! »
Et presque aisément, il ôte le dit costume.
Même sort que pour les chaussures.
« Tiens vé ! Même la chemise tu vois, j’ai plus rien du tout !! T’es content maintenant « ?
Il fulmine le Jano, il devient rouge de colère, puis bleu de froid, en caleçon dans la flotte.
Alors Dieu, de sa voix douce et suave reprend.
« Oui, là tu peux dire que t’as plus rien et que t’as plus qu’à te néguer ! »
A ces mots, le Jano, toujours aussi empégué, s’avance jusqu’à ne plus toucher le fond, et se laisse couler.
Sur la plage, une main sale et velue attrape les affaires entassées et les fourre dans un sac de toile crasseux et troué. Puis l’homme se relève péniblement et s’en va nonchalant, retrouver ses congénères du côté de Saleya.
« Y’a des fadas sur terre quand même. Aller croire que Dieu lui parle ! Que caganis !! »
12:25 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : texte, nouvelle, écriture


