27 octobre 2009
Titeplume le Retour !!
Ouiiiiiii !!!!
Après une longue absence et un autre déménagement (no comment hein!!) je suis de retour et espère bien en profiter!
Il a coulé bien des litres d'eau depuis, certains ayant même entraîné quelques inondations sans gravité.
Mais états d'âmes et galères mis à part, ça baigne (hihihi)
A très bientôt donc pour de nouveaux textes, entres autres...
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04 mars 2008
CRUELLE DETECTION
Un petit texte pondu pour le jeu d'un forum... la seule contrainte était la première phrase !
CRUELLE DETECTION
"Il creusait le sable de la plage quand sa pelle heurta un objet qu'il déterra : c'était une boîte".
Immédiatement, son sang ne fit qu’un tour ! Un trésor, enfin !! Depuis sa plus tendre enfance John en rêvait, et cette boîte, fut-elle vide, en était un à elle toute seule.
Excité comme un gosse, vérifiant alentour si personne ne le voyait, il s’assit en tailleur et de peur de gâcher cet instant magique en allant trop vite, entreprit de l’examiner sous toutes les coutures. Elle était un peu lourde, c’était plutôt bon signe.
Comme s’il s’était s’agit d’une femme, il commença par la contempler. Elle était encore jeune et belle, de dimensions moyennes et aux contours harmonieux. Puis il devint plus entreprenant et c’est presque tendrement qu’il la caressa du bout des doigts. Aucune ride ne striait sa surface. Enfin, n’y tenant plus, il la nicha délicatement entre ses jambes pour l’assaut final. La femme _ pardon la boîte_ n’était pas fermée à clef et promettait de se donner sans retenue, lorsque deux rangers vinrent se poster devant lui, cependant que des mains venues de nulle part l’attrapaient solidement par les épaules, anéantissant son extase du moment et toute jouissance future.
_ Monsieur vos papiers s’il vous plait ! Avez-vous une autorisation préfectorale ?
Le charme était rompu, irrémédiablement.
Sans lâcher son trésor, John se leva, fouillât ses poches et tendit ses papiers d’identité aux deux officiers de police qui le toisaient d’un air sévère derrière leurs lunettes de soleil à trois francs.
_ Il est interdit de faire de la détection sur les plages sans autorisation !! Qu’y a t-il dans cette boîte ?
John, prit de court, bredouilla quelques mots incompréhensibles et dans un élan de lucidité lui vint une idée géniale:
-Non non, vous n’y êtes pas, cette boîte est bien à moi, j’allais l’enterrer en fait !
Deux énormes sourcils broussailleux dépassèrent des binocles.
-En ce cas à quoi vous sert votre détecteur ?
-Heu… Et bien… Je voulais vérifier qu’elle était enterrée assez profond pour qu’on ne la découvre pas.
Il est fier de lui John ! Quelle intelligence ! Quelle vivacité d’esprit !!
Mais le policier récidive :
-Dans ce cas monsieur, vous ne verrez aucun inconvénient à ce que je jette un œil à son contenu ?
John fulmine. Il voudrait crier sa colère, hurler sa déception, beugler sa frustration. Personne n’a le droit de lui voler SON trésor, PERSONNE !
Trop tard. L’officier a dès lors subtilisé l’objet et s’apprête à l’ouvrir.
Comme prévu, la boite se donne sans réticence. En son fort intérieur, John la traite de garce.
-J’en conclue donc que ceci vous appartient !?
John jubile. Il a bien perçu le ton narquois de l’homme mais n’a pu discerner son regard. Regard d’abord étonné, puis carrément austère. John est heureux, il sourit même.
-Oui monsieur l’agent.
Le policier ne rigole plus du tout. John non plus d’ailleurs, en découvrant le pistolet de gros calibre qu’il lui met sous le nez.
La surprise et la peur s’emparent de lui.
-J’ai menti, j’ai menti !! Elle n’est pas à moi cette boîte !! Allez quoi, soyez sympas, vous voyez bien que je n’ai rien d’un criminel !? Et puis, faute avouée est à demi pardonnée non ?
Rire tonitruant.
-Ben oui mon gars, avec un peu de chance, tu en prendras pour dix ans au lieu de vingt !!
16:10 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, texte, lecture, écrivain, nouvelles
25 février 2008
LE VENT
Je me souviens aussi des effluves enivrants du muguet qui tapissait la cour de monsieur Renaud, et qui, pour peu que je reste à bader ses clochettes magiques, me donnait mal au crâne. Je n’ai jamais oublié les parfums âcres d’une cour de ferme et ceux, plus puissants, de la roseraie du voisin.
Et lorsqu’à la saison sèche j’avais le droit de tremper mes pieds dans la rivière, j’observais les rides qu’il dessinait à la surface de l’eau, tentant désespérément de le surprendre au détour d’un rocher, d’un buisson, d’un morceau de bois mort, comme on tenterait d’apercevoir un fantôme. En vain.
Souvent je rentrais à la maison tristounette et dépitée.
Mais quelques instants plus tard, de suaves effluves de chocolat fondu sur du pain grillé au feu de bois avaient tôt fait de chasser mon chagrin. Un goûter de reine.
Et puis un jour, Miracle ! Enfin !! Au détour d’un sentier flairant bon la noisette, sous les cris odieux des corbeaux charognards, je le vis subrepticement se glisser entre les branches d’un saule. Limpide. Majestueux, Sidéral. Image furtive mais ô combien délicieuse après tant d’années d’espoirs déçus. Portée par tant de joie, je m'écriais:
« Ça y est grand-mère, je l’ai vu !! ».
Et l’aïeule m’a regardé, et m’a sourit encore une fois.
Je venais d’avoir vingt et un ans.
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31 janvier 2008
ADIEOU BARACA
ADIEOU BARACA
Jano arpentait la promenade d’un pas fort incertain.
Après plusieurs heures passées à regarder la boule de la roulette, une lampée de whisky à chaque mise, il était ressorti complètement lustré du Casino Rhul.
Comme tous les samedi soirs en fait, mais ce soir là, c’était différent….
Ce soir là, le Jano, il était malheureux comme les pierres. Malheureux à en chialer, ce qu’il faisait d’ailleurs fort bruyamment, sans se soucier du regard des passants.
Les voyait-il seulement ? Pas sûr.
C’est que le Jano, il a une drôle d’histoire…
Il y a quatre ans, il a gagné au loto, et pas qu’un peu…
Sur le coup, il y a pas cru. Mais quand on lui a donné le chèque, il s’est passer un truc bizarre en lui, une sensation étrange, une ivresse jusqu’alors inconnue.
Et il a pas traîné le Jano ! A la vitesse de l’éclair, il a bazardé femme et enfants, vendu sa petite alimentation qui ne végétait, déménagé dans une maison immense, avec piscine et tout le tintouin. Grand Prince, il a laissé l’appartement à son ex-épouse, un trois pièces de 65m2, sans vis-à-vis,… ni remords.
Et puis il a commencé une vie de célibataire, sortant tous les soirs, mangeant n’importe quoi n’importe quand, toujours sur son 31, costard, cravate, bagouzes, etc.
Il s’est mis à fréquenter les bars, les discothèques, à draguer les filles…
Une vraie vie de patachon lui disait sa mère.
Mais il s’en foutait le Jano. Il se sentait libre comme une mouette, léger comme ces ballons gonflé à l’hélium qui ravissent tant les bambins.
Mais il a fait une grave erreur le Jano ! Il s’est mis à jouer au Casino.
Oh juste un peu au début, de temps en temps, pour le fun…
Mais il a gagné, et gagné encore. La sensation grisante que cela lui procurait, la roulette qui tourbillonne, les cartes qui glissent aisément sur le tapis, l’ambiance VIP… tout ça ne l’a plus lâché.
Jusqu’à ce soir.
Fatalement, ce soir, Adiéou Baraca !!
Il a perdu Jano, il a TOUT perdu. Il a tout joué, argent, maison, voiture, tout. Jusqu’à la montre en or que lui avait offert son père pour sa majorité. Elle est bien loin cette majorité aujourd’hui et Jano se demande un peu s’il n’était pas plus responsable il y a trente ans… Moins fou en tous cas.
Dehors, il fait froid. On a beau être sur la côte d’azur, l’hiver, c’est l’hiver, et c’est encore pire quand un vent à décorner les cocu fait se trémousser les palmiers du bord de mer, et le Jano, le nez en l’air, regarde les illuminations comme un badagou, sans même se rendre compte qu’il est au milieu de l’avenue. Un coup de klaxon intempestif le ramène un bref instant sur terre, assez pour le faire traverser en maugréant contre l’automobiliste impatient.
Faï caga !
Il traverse, et descend sur la plage. Les galets humides et luisants lui font tordre les chevilles avec ses mocassins dernier cri de chez Versace. Il avance jusqu’au bord où la mer, à présent déchaînée, vient lécher brutalement son costume de soie gris. Il a le cœur lourd, Jano, aussi lourd que le poids qui lui pèse sur les épaules.
J’ai tout perdu !! J’ai tout perdu marmonne-t-il sans cesse entre ses dents. Les vraies, brunies par le tabac des cigares, et les fausses, en or.
Il avance encore, comme au automate, s’en même s’apercevoir qu’il a les pieds dans l’eau. Ou alors il s’en fiche !?
Subitement, il s’arrête. Il tient debout grâce aux galets qui lui roulent sur les pieds et le maintiennent au sol tant bien que mal. Soudain, il lève les bras au ciel et, tel un iroquois invoquant les esprit, se met à beugler :
« Dieu qu’est ce que je t’ai fait hein ? Pourquoi tu me traites comme çà ? Tu m’as tout donné, et ce soir, tu m’as tout repris ! J’ai tout perdu, TOUT perdu ! »!
Il sanglote le Jano, il tremble de colère, d’amertume et de froid.
Il va pour reprendre son monologue quand…
« Ô fada, tu moulines ! Et sors de la que tu vas attrapé la crève ! Et l’eau de mer c’est pas bon pour le cuir italien ! »
Jano reste pétrifié, toujours les bras en l’air.
« Dieu me parle !! Dieu me parle et il se fout de moi en plus !! »
Il explose cette fois le Jano.
« J’ai tout perdu je te dis ! TOUT !! Alors qu’est ce qu’on s’en fiche des mocassins hein ?! »
Et joignant le geste à la parole, le voilà qui se déchausse non sans peine et, telle une mariée avec son bouquet, jette les mocassins au loin derrière lui.
Mais Dieu ne compte pas en rester là.
« Ton beau costume, regardes, on dirait une estrasse maintenant! »
Jano, n’en croit pas ses oreilles. Il éructe.
« T’encapes rien toi là-haut !! »
Et presque aisément, il ôte le dit costume.
Même sort que pour les chaussures.
« Tiens vé ! Même la chemise tu vois, j’ai plus rien du tout !! T’es content maintenant « ?
Il fulmine le Jano, il devient rouge de colère, puis bleu de froid, en caleçon dans la flotte.
Alors Dieu, de sa voix douce et suave reprend.
« Oui, là tu peux dire que t’as plus rien et que t’as plus qu’à te néguer ! »
A ces mots, le Jano, toujours aussi empégué, s’avance jusqu’à ne plus toucher le fond, et se laisse couler.
Sur la plage, une main sale et velue attrape les affaires entassées et les fourre dans un sac de toile crasseux et troué. Puis l’homme se relève péniblement et s’en va nonchalant, retrouver ses congénères du côté de Saleya.
« Y’a des fadas sur terre quand même. Aller croire que Dieu lui parle ! Que caganis !! »
12:25 Publié dans POUR LE PLAISIR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : texte, nouvelle, écriture
19 décembre 2007
ANADIPLOSE ET CONCATENATION
Voilà 2 mots que vous utilisez tous les jours j'en suis sûre !!
Néanmoins, je m'explique:
Dans l'anadiplose, on reprend au début de la phrase un mot de la phrase précédente.
Lorsque ce procédé est répété plusieurs fois, on parle de concaténation !!
Comment çà c'est pas clair??
Bon, exemple :
" Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et des vagues rochers que des marées dépassent
Et qui ont à jamais le coeur à marée basse."
Au début de cette chanson qui dépeint le plat pays de Jacques Brel, celui-ci utilise une concaténation qui renforce la platitude qu'il décrit.
Chaque élément suit le précédent sans rupture.
Ici, la concaténation et là pour renforcer (voire délivrer) cette sensation.
Tout le monde a compris??
12:51 Publié dans FIGURES DE STYLES, MOTS, SENS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, français, lecture, difficultés
29 octobre 2007
UNE VIE AILLEURS extrait 2
Malou avait été rejointe par sa tante et deux de ses cousins, et chacun pleurait à gros sanglots. Eve resta en retrait du petit groupe et attendit patiemment. Son sentiment d'inquiétude avait disparu, laissant place à une incompréhensible légèreté intérieure qui l'effrayait tout autant et la faisait culpabiliser.
Au bout d'une demi-heure, Malou lui fit signe d'approcher.
"On va rentrer avec ma tante. Les obsèques sont prévues demain à 9h30. Est ce que tu peux rester jusque là?"
Eve passa un bras autour des épaules de son amie.
"Aucun problème Malou. Ne t'en fais pas" lui dit-elle dans un murmure.
Malou sourit tristement et ajouta:
"Je suis désolée pour hier. J'ai agis comme si tu étais responsable alors que c'est moi qui
t'ai demandé de venir, pour rien en plus. Pardonne-moi".
Lui rendant son sourire, Eve répondit sincèrement:
"Il n'y a rien à pardonner. Rien du tout. Et je ne suis pas venue pour rien non plus..."
Les deux jeunes femmes décidèrent de marcher un peu dans les rues de la ville avant de rentrer.
Elles remontèrent la Cannebière côté "rive droite" pour la redescendre côté "rive gauche". Elles flânèrent un moment sur le vieux port où d'innombrables voiliers aux mâts démesurés côtoyaient de vieilles barques de pêche à la peinture écaillée et aux filets savamment empilés sur leur pont. Elle n'échangèrent aucune parole durant leur promenade, s'observant seulement parfois du coin de l'oeil et se souriant tristement du bout des lèvres.
Malou n'avait nullement envie de rentrer. Cheminant au hasard, elles se retrouvèrent à surplomber la mer depuis Notre Dame. Il était près de midi. Elles étaient seules. Malou s'assit sur les dalles de pierre à l'abri du vent et entreprit de rouler un joint. Eve s'installa à ses côtés, les yeux fermés, humant l'air marin. Elle les rouvrit quand l'odeur du chanvre remplaça sensiblement celle des algues. Après avoir aspiré quelques bouffées, Malou lui tendit le cône de papier. Sans trop savoir pourquoi, Eve le saisit et aspirât elle aussi quelques taffes. Elle n'aurait pas su expliquer son geste si on le lui avait demandé. Simplement, par cette action, elle se trouvait plus près de son amie en ces instants difficiles. Au bout de quelques minutes, Malou la regarda intensément puis éclata de rire. Stupéfaite, Eve la regarda à son tour.
"Qu'est ce qui te prends?"
"A moi rien, répondit son amie riant toujours, mais toi par contre, tu as l'air fracassée!! Cà fait combien de temps que tu n'avais pas fumé?"
Eve réfléchit.
"Trois ans. Et tu as raison, je me sens dans un état pitoyable!!"
A cette confidence, Malou qui s'était un peu calmée répondit par un nouvel éclat de rire qui, lui tordant le ventre, l'obligeât à s'allonger à même le sol. Eve l'imita. Le fou rire devint alors contagieux, propulsé par des nerfs trop longtemps jugulés. Elles pouffèrent ainsi plusieurs minutes avant de parvenir à se maîtriser. Enfin, le ventre tendu et les joues mouillées de larmes, elles retrouvèrent peu à peu leur calme.
Toujours étendues, elles regardaient passivement le ciel bleu azur et les mouettes qui planaient en criant, quand tout à coup, Malou se remit à glousser.
"Dis, faudrait pas qu'y en est une qui nous chie dessus!!"
Le fou rire commun reprit de plus belle.

22:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, phénomènes, étrange
UNE VIE AILLEURS extrait 1
Je vous livre ici un extrait de mon premier roman, édité il y a peu chez edilivre.
Une sonnerie retentit. Eve hésitât un instant. Elle qui pourtant était à même de passer des heures au téléphone n'avait pas envie de répondre, pas envie de parler. Finalement, elle laissa le répondeur prendre le relais et termina sa vaisselle. Un petit coup d'éponge à la gazinière, un autre sur le réfrigérateur, et la pièce était propre.
Elle soupira. Rien ne semblait la motiver ce matin. Il y avait en elle un tel sentiment de vide, de gâchis, de travail inaccompli... Plus que la solitude, c'était ce désert intérieur qui l'effrayait.
La chienne s'était levée et la fixait d'un regard implorant.
"Oui, j'ai compris. Tu en as marre de rester enfermée... Ok, on va promener".
Eve savait qu'une marche au grand air lui ferait du bien à elle aussi. Le plus dur était de décoller, de faire le premier pas vers l'extérieur et en cela, l'animal lui était d'un grand secours.
Vêtue d'un short, d'un vieux tee-shirt et chaussée de baskets, elle tint la chienne jusqu'à la route. A peine eut-elle décroché le mousqueton de son collier que celle-ci s'élança, humant à tous les vents, bondissant tel un cabri par dessus les herbes hautes.
Elle avançait lentement, les yeux rivés sur le chemin de terre au bout duquel elle tourna machinalement à droite. Une petite bute à descendre et elle pénétra dans un autre monde. La rivière, la forêt, le gris blanc des galets, le chant des oiseaux, l'odeur des genêts et du thym... Elle se senti transportée.
Elle s'avança près de l'eau et s'assit. La mélodie cristalline la berçant, elle se sentait bien et accueillait la chaleur du soleil comme un don du ciel, une bénédiction.
Durant plus d'une heure, elle resta là, tentant de faire le vide dans son esprit, le regard se portant tour à tour sur un vieux chêne tortueux trônant fièrement sur l'autre rive, sur Kity, la truffe au ras du sol à la recherche d'un nouvel insecte à étudier de près, sur les restes d'arbres morts glissant au fil de l'eau, branches entremêlées comme les cheveux des sorcières d'antan.
Mais Eve ne parvenait pas à lâcher prise malgré la sensation de bien-être et de sérénité que lui procurait Mère Nature.
La chaleur devenant trop intense, elle siffla Kity occupée à traquer une grenouille et prit le chemin du retour. Arrivée sur la bute, elle s'arrêta. Au loin, de l'autre côté de la route, se dressait la petite pinède où nichait son appartement. Elle aperçut le balcon où séchait du linge, la fenêtre du salon et son rideau bleu, celle de sa chambre à demi-ouverte.
En contrebas, les rares voitures semblaient passer au ralenti. Eve soupira et se remit en marche. Les cigales sur son passage entonnaient leur refrain envoûtant et les boutons d'or ouvraient la voie, valsant au gré du vent. A chaque pas, une myriade de sauterelles bondissait en tous sens au grand plaisir de Kity.
Plus elle avançait, plus elle se sentait mal à l'aise.
Depuis plusieurs semaines, une étrange et désagréable impression l'envahissait. Elle ne pouvait la définir, la nommer, et l'étrange pressentiment grandissait de jour en jour. C'était comme si tout son être lui montrait des images ou essayait de lui dire quelque chose, mais elle ne voyait rien, elle n'entendait rien. Elle était inquiète et avait peur.
Il allait se passer quelque chose. Quelque chose d'important, quelque chose d'irrémédiable. Elle en était persuadée.
Mais quoi?...

*spincher : regarder, surveiller
13:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, passion
L'HABIT NE FAIT PAS LE MOINE...
L'habit ne fait pas le moine...
Ce matin, je faisais mes courses à Carrefour ( c'est pas le moins cher mais c'est le plus près ). J'avais des courses dessous, dessus et même dans la poussette où dormait _heureusement_ ma pépette.Jusque là, rien d'anormal... J'avais craqué sur 2 ou 3 tee-shirts en soldes et sur un pyjama pour elle auquel était accroché en supplément un doudou... J'arrive à la caisse, je déballe, puis je remballe, je paye et lorsque je mets mon sac à dos sur l'épaule, leur appareil de détection de fraudeurs se met à sonner...
Dans la poche de devant, j'avais mis les habits pour qu'ils ne soient pas en contact avec le reste. La caissière me demande de revider le sac tout en me disant gentillement :
"on n'a peut être oublié un antivol ou alors c'est le monsieur derrière vous qui a touché l'appareil...
Derrière moi, un mec d'environ 1.90m, la cinquantaine bien tassée, costard/cravette nous toise et rétorque:
" alors çà surement pas" d'un air de dire : çà peut pas être moi, çà ne peut être qu'elle"!!
Certes je n'ai rien de la pin-up avec mon vieux bas de survêt, ma veste informe et mes baskets mais quand même.
Je redéballe mon sac à dos.
En effet, un antivol avait été oublié sur le doudou.
Je lance alors un regard au type du haut de mon mètre 60 et dit tout haut :
"Vous savez, les plus grands voleurs de la planète ne sont pas habillés comme moi, ils sont habillés comme vous!!"
Le mec me jette un regard furieux et vexé, la caissière me sourit et les gens à la suite se marrent...
J'ai bien prit mon temps pour remballer mes p'tites affaires, et je peux vous dire qu'il n'a pas moufter ce con!!
Non mais sans blague !!!
10:00 Publié dans HISTOIRES VRAIES !! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : coups de gueule, écriture


